Le 14 juin, la population neuchâteloise sera appelée à se prononcer sur l’inscription du droit des aîné·es dans la Constitution cantonale. Le Grand Conseil a accepté cette modification en seconde lecture.
Prendre en compte les personnes aînées constitue aujourd’hui un véritable défi. Notre société porte encore un regard parfois ambivalent sur le vieillissement. Trop souvent, les personnes âgées sont perçues à travers le prisme de la dépendance ou du coût, plutôt que comme des individus riches d’expérience, de connaissances et de compétences. Parallèlement, la société évolue rapidement. La digitalisation des services, l’évolution du système de santé, la transformation des modes de communication demandent une capacité d’adaptation constante. Pour les aîné·es, ces évolutions peuvent représenter une difficulté supplémentaire. Passer d’une vie professionnelle active, souvent rythmée par le travail et les responsabilités, à une vie plus calme, choisie ou parfois imposée, implique de nombreux changements : un nouveau rapport au temps, aux relations sociales, au rôle dans la société. Trouver un nouvel équilibre peut s’avérer complexe et nécessiter un soutien adapté.
Les aîné·es sont des personnes arrivées à un stade avancé de leur vie. Encore actives ou retraitées, elles disposent d’un bagage précieux acquis au fil des années. Un rappel essentiel : ce ne sont pas seulement des personnes susceptibles de rencontrer des fragilités liées à l’âge, mais également des personnes-ressources. Elles participent à la cohésion sociale et constituent un lien important entre les générations ; leur contribution au tissu social, précieuse, mérite d’être reconnue. Le vieillissement de la population est une tendance durable, qui va se renforcer. Cela implique d’anticiper les besoins futurs et d’adapter nos politiques publiques afin de garantir une société équilibrée et solidaire.
Inscrire explicitement la reconnaissance des aîné·es dans la Constitution permet de reconnaître leur valeur en tant que membres à part entière de la société. Il s’agit de garantir leur dignité, de protéger leurs droits fondamentaux et d’assurer un accès équitable aux soins, aux services et à la participation sociale. Cela permet aussi de mettre en place des politiques durables en matière de logement adapté, de soutien social, de mobilité et d’inclusion. Cette démarche s’inscrit pleinement dans les valeurs de solidarité et de justice sociale. Il est essentiel de promouvoir une société dans laquelle chaque personne peut vivre dignement à chaque étape de sa vie. Garantir l’égalité de traitement, lutter contre les discriminations liées à l’âge et favoriser l’inclusion sociale sont des objectifs fondamentaux. Il est important de soutenir l’autonomie des personnes âgées, de favoriser leur participation à la vie sociale et culturelle et de lutter contre l’isolement. Reconnaître les droits des aîné·es permet aussi de renforcer les liens entre les générations. Une société qui valorise ses aîné·es reconnaît l’importance de l’expérience et prépare l’avenir avec responsabilité.
Les avantages d’une telle inscription sont nombreux. Pour les personnes âgées, cela signifie une meilleure reconnaissance de leur rôle dans la société et une protection renforcée de leurs droits. Le vieillissement n’est pas un phénomène temporaire, mais une évolution structurelle qui nécessite une vision à long terme. Inscrire les droits des aîné·es dans la Constitution permet de poser les bases d’une société plus inclusive, plus équitable et plus solidaire. Reconnaître la place des aîné·es, c’est reconnaître leur contribution passée, leur rôle présent et leur importance pour l’avenir. C’est affirmer notre volonté de construire une société qui respecte chaque individu et valorise toutes les générations.
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